Des RTT pour le commerce de rue ?

L’amplitude d’ouverture dans le commerce de rue, a accompagné la réduction du temps de travail, au lieu de profiter d’un potentiel de chalands plus élevé.
Le travail du Dimanche s’imposera en zone touristique mais en dehors, le seul lieu commercial animé après 19h00, restera le centre commercial : le centre-ville meurt de l’archaïsme de ses pratiques horaires.

Quelle enseigne succursaliste acceptera demain de s’installer hors des centres commerciaux et des zones touristiques, où elle devrait amortir des frais de locaux sur 30 heures de fréquentation correcte et 25 de sous fréquentation ? Quelle organisation de personnel pourrait convenir pour des franchisés avec des contrats de 35 heures et de 24 heures sur de telles répartitions horaires d’activité ?

La rue, lieu de vie communautaire, trouvera-t-elle encore l’attrait pour que des commerces fréquentés en assurent les pôles d’animation ?

L’interprétation du rôle attractif du commerce de rue, attraction qui se fait au détriment des centres commerciaux et au bénéfice des ‘sans voiture’, peut être sujette au prisme de la grille de la conviction politico-économique. Même s’il faut toujours admettre que le commerce provoque l’envie et même si l’art du commerçant reste de s’approprier l’argent du chaland avant que les autres sources de dépenses tarissent son disponible, le rôle de la sociabilité-marchande en face-to-face et le rôle de l’attrait des surfaces éclairées, animées et ouvertes sur la rue pour porter l’égalité dans le rapport à la convoitise et la consommation, sont les vecteurs d’un bien-être facile.

Il convient alors de militer pour une extension des horaires de vie urbaine et de commerces en faisant en sorte que les salariés des dits commerces puissent également en revendiquer le profit. Organisée sur une amplitude d’ouverture de 10 heures qui permet pour la plupart des commerces (hors alimentaire) d’assurer une ouverture de 10h00 à 20h00, donc des horaires humains un peu plus étendus 9h30 –20h30 soit 11 heures d’amplitude, la planification sur 4 jours de présence avec des jours tournants, et des jours choisis comme indisponibles, est plébiscitée par une majorité des salariés qui l’ont pratiquée. Surtout si l’on permet aux salariés de se libérer de jours de présence trop contraignants grâce à des échanges inter salariés qui respectent les lois sociales.

La rue retrouvera sa vie comme dans beaucoup d’autres pays Européens du Nord au Sud, quelle que soit la météo ou la santé économique. Cette vie dynamisée par les commerces ouverts, où les cultures et les différences s’effacent devant l’égalité du piéton et la soumission à la tentation. Il suffit de peu pour s’organiser différemment dans le commerce de rue, en s’appuyant sur des aides disponibles sur les smart phones, et de la volonté de s’extraire de la torpeur. L’organisation du travail salarié sur 4 jours tournants est une solution simple à l’augmentation de l’amplitude qui profite à tous : chiffre d’affaire récupéré sur la distribution en centre commercial, salariés profitant de 3 jours de libres dont 2 de chaland potentiel etc…

Philippe GOSSELIN  WWW.TIMEPLUS.fr

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